Billets, info

Si si : propagande peut rimer avec gachis

Je viens de tomber sur un article dans lemonde.fr qui m’a franchement désolé. Le titre, bien choisi puisqu’il résume tout, était celui-ci :

« Pouvoir d’achat : le gouvernement consacre 4,3 millions d’euros à expliquer sa politique » (L’article complet est lisible par ici.)

On y apprend que le’ gouvernement a commandé une couteuse campagne de propagande dont l’intitulé est le suivant :

« Vous êtes impatients d’augmenter votre pouvoir d’achat ?
Vous souhaitez bénéficier davantage des résultats de votre travail ?
Vous voulez alléger vos dépenses contraintes (alimentation, télécommunications, énergie…) ?
Vous aspirez à payer moins d’impôts ?
Vous avez besoin d’aide pour vous loger ?
Le président de la République et le Gouvernement ont mis en place, depuis juillet 2007, une série de mesures pour initier et accompagner un mécanisme vertueux de relance du pouvoir d’achat. »

Cette campagne est visible actuellement sur le site du premier ministre (la vidéo se trouve plus particulièrement ici).


Alors qu’on sait dans quel état sont nos finances publiques, alors que le même premier ministre déclarait le 22.06 dernier que « la situation des finances n’est plus supportable » je ne peux m’empêcher de penser que cette dépense représente un ignoble gâchis.


Je ne pense pas illégitime que l’état dépense de l’argent dès lors que c’est dans l’intérêt de tous. Or j’ai beau retourner le problème dans ma petite tête je ne vois pas à qui cette campagne de publicité communication peut bien profiter si ce n’est à l’exécutif…


A mon sens plus que n’importe quelle campagne de communication ce qui manque au gouvernement pour mieux se porter dans les sondages c’est un peu plus de cohérence.
Allez, promis, j’arrête là mon coup de gueule… jusqu’au prochain.
Ciné

Un « phénomènes » très aérien

Dans « Phénomènes » Mark Wahlberg « voit des gens qui sont morts »… Et pas mal d’autres en train de mourir. Sans aucun doute la nouvelle réalisation de M. Night Shyamalan fait peur. J’en veux pour preuve les nombreux cris qui ont rythmé la séance à laquelle j’assistai hier soir.

La trame de base dans laquelle le film évolue est relativement simple et en même temps particulièrement originale :

Une « attaque » d’origine mystérieuse altère le comportement des gens. Le premier symptôme est la désorientation, puis rapidement ils perdent toute notion de conservation et s’infligent eux mêmes des douleurs… jusqu’à’la mort. Prise au cœur de cette tourmente, une petite famille tente de fuir avec le seul espoir de rester en vie.

Fort d’une idée aussi intéressante, M. Night Shyamalan a choisi de signer un film à la dynamique maitrisée, dans lequel se distille une ambiance stressante et dosée avec soin.

Pour ces raisons, « Phénomènes » mérite assurément d’être vu. Pas sûr cependant qu’il reste longtemps dans les mémoires. Coincé dans une narration essentiellement symbolique qui se transforme rapidement en une fable ostensiblement critique à l’égard de la société américaine post « onze septembre » le film peine par moment à prendre corps. Mark Walhberg que l’on a connu subtil et flamboyant dans son rôle mémorable « des « infiltrés » semble lui-même éprouver des difficultés à donner un relief véritable à son personnage.

A la fois aérien, stylé et intelligent, Phénomènes manque certainement d’un premier degré de visionnage ; ce corps narratif qui se contente d’emporter le spectateur pour avant tout lui faire vivre une histoire. Cette difficulté à exister dans sa double dimension explique probablement les différences si tranchées qui caractérisent les critiques que l’on peut trouver ça et là dans la presse.

En somme, Phénomènes est une fois de plus l’exact reflet de la filmographie de M. Night Shyamalan ; un homme qui indéniablement porte en lui de grands films mais ne parvient pas toujours parfaitement à leur donner à la fois une vie et un sens.