à vif, reverie

La stupeur et le doute

D’autres l’ont dit avant moi pour s’en être rendus compte encore plus tôt ; la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Certes elle donne souvent l’impression de voguer au long cours mais c’est pour mieux surprendre au détour d’un virage par un remous violent.
Ce sursaut inattendu prend des formes chaque fois nouvelles, s’il en était autrement bien sûr il n’aurait plus rien d’inattendu. Ses magnitudes quant à elles peuvent aller de l’intime le plus profond jusqu’au douleurs les plus expressives.
Le remous dont j’ai fait la connaissance ce matin fait pour l’instant partie de la première des deux catégories, mais sa nature complexe pourrait bien le faire évoluer jusque dans les sphères les plus apparentes de la colère sourde : c’est un sentiment de déception aux contours encore indistincts et fluctuants.

River Llugwy par Stu Worrall

Imperceptiblement le cours de choses se fait bien plus rapide. Déjà quelques rocs grisâtres aux arêtes acérés affleurent ça et là. L’eau à son tour devient trouble et se change en écume. La raison devrait me pousser à pagayer de plus fort, à guider de mon mieux mon embarcation au cœur de la tourmente, mais je ne suis plus certain que mes bras me soutiendront bien loin.
Alors j’attends. J’attends un nouveau choc, un nouveau sursaut. A ce stade il peut surgir de n’importe où : de l’impact violent de mon canoë contre l’un des rochers qui m’entourent, du contact froid et violent de l’eau gelée sur ma peau, de cette douce sensation qui précède la noyade.

Il vaudrait mieux peut être qu’il vienne de l’intérieur, de cette brusque bouffée de vie qui se fait jour lorsque lorsque le sentiment d’étouffer devient beaucoup trop fort.

Il est bien trop tôt cependant pour le dire à ce stade.

The Silent Fog par aud...

Alors j’attends et je verrai… Et si l’air d’ici là ne s’est pas trop raréfié, je sortirai peut être marcher quelques instants là-bas, hors de la brume.

info

Ouf, il ne devrait pas y avoir de divorce sans juge…

Je prends deux minutes dans un emploi du temps surchargé pour me réjouir de cette annonce qui a certes déjà fait trois fois le tour des médias (web compris)

« La perspective d’un divorce sans juge s’éloigne de jour en jour : la commission sur la nouvelle répartition des contentieux, présidée par le professeur de droit Serge Guinchard, est hostile à cette idée » (via lemonde, libé, le figaro, et plein d’autres en fait…)

Si j’estime que c’est plutôt une bonne nouvelle je dois vous avouer être assez déçu de constater qu’il ait fallu tant de temps pour faire admettre que le divorce est un par nature un « litige » et qu’à ce titre sera toujours mieux tranché par un magistrat indépendant que par le notaire c’est à dire officier ministériel rémunéré par les parties…

Si j’étais de mauvaise foi je rappellerai que l’idée avait initialement été évoquée par M. Woerth… Notre ministre du budget. Mais ce serait bas comme attaque non ?

Si vous avez un peu de courage faites donc un tour par ici

J’aurai nécessairement l’occasion de vous reparler du sujet très bientôt.