Billets, festivalsons

PompierS #Avignon #off16

Pompiers barbuscia

Ce billet, c’est celui où je vous conseille d’aller voir une pièce sur le viol. Ça s’appelle PompierS, et c’est un texte de Jean-Benoit Patricot mis en scène par Serge Barbuscia.

PompierS, c’est l’un de ces noms qui se murmurent avec gourmandise dans les files d’attente lorsqu’on vous demande « et toi, tu as vu quoi de bien ? ».

PompierS parle d’une jeune femme à l’esprit simple qui croit tomber amoureuse d’un PompierS pour qui l’occasion est trop belle. Parce qu’elle ne dit pas non. Parce qu’elle ne sait pas qu’elle peut dire non.

C’est un texte puissant, qui sonne juste de bout en bout.

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Billets, grumph

En défense du sans-abrisme

L’autre jour, le grand jeu, c’était de se moquer d’Emmanuelle Cosse à la suite de ce tweet :

Après la publication de ce tweet, tout ce que la France compte de rigolards s’est mise à rivaliser d’imagination pour villipender le « mal parlisme » ou rire un bon coup sur le « fatiguisme », ou le « transport en communisme ».

Quelques journalistes ont bien tenté d’expliquer que le néologisme employé par Emmanuelle Cosse n’était pas un barbarisme :

« Le « sans-abrisme », tweeté par la ministre, jeudi, lors d’une visite du centre d’hébergement du lycée Jean-Quarré à Paris, est la traduction du terme anglais « homelessness ». Ce mot désigne le fait de vivre dans la rue, donc d’être une personne « sans-abri » ou « sans domicile fixe ». La formule est couramment employée en Suisse et en Belgique, ainsi qu’au sein des instances européennes. Il existe même un Observatoire européen du sans-abrisme. Le mot n’a toutefois pas encore fait son entrée dans les dictionnaires français. »

Mais le mal était fait. Emmanuelle Cosse s’est en un tweet bâti une image de technocrate qui pour les uns massacre la langue française et pour les autres pratique une novlangue hypocrite.

Parce que pour tous ces imbéciles, Emmanuelle Cosse aurait du employer le terme Sans Domicile Fixe, qui est approprié, puisque c’est celui que l’on utilise au quotidien.

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à vif, Billets

A balles réelles…

Quatre murs gris en pierre médiévale et de larges fenêtres au delà desquelles s’écoule un canal qui maintient l’allure d’une roue à aube. Elle est vraiment jolie cette salle. Au fond, il y a encore des chaises empilées, bien qu’une dizaine d’entre elles aient été disposées en demi cercle à l’autre bout.

Et sur l’une de ces dernières, tout à coté de la fenêtre du fond, j’ai le plat de la main gauche collé sur la  bouche, tandis que l’autre soutient mon coude. Je suis légèrement penché en avant, ce qui rend la position plus confortable. C’est  l’une de ces postures typiques que j’adopte lorsque j’écoute attentivement.

Par la fenêtre, le soleil réchauffe mon dos. Si je m’écoutais, j’irais chercher l’une de ces brioches attirantes que fait dorer le boulanger fantasque qui fait parler dans le quartier.

Sauf que je me suis laisser convaincre de participer à une formation qui doit m’occuper l’essentiel du week-end. Il s’agit d’apprendre à lutter contre le racisme à l’aide d’une approche non violente.

Ce n’est pas si nébuleux que l’on pourrait le supposer de prime abord.

Esquissé à gros traits, l’enjeu est d’apprendre à répondre à ce vieil oncle avec qui l’on est parfois amené à déjeuner. Celui qui, juste avant le fromage, sort une remarque blessante pour la moitié de la terre sous les apparences du bon sens élémentaire.

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