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La Main de Leila #avignon #off16

la main de leila

Bienvenue au Haram cinéma !

C’est sur ces mots que l’on rentre dans la salle où se joue la Main de Leila.

Il y a un drap suspendu à un portant. Et Samir (Kamel Isker) arrive qui ouvre la séance. Kamel Isker a un jeu espiègle et sensible et lorsqu’il renvoie la lumière, on sait dès les premières secondes que l’on va être capté par la pièce. Puis Leila arrive (Aida Asgharzadeh), et il est évident qu’il se passe quelque chose entre eux. Entre Samir et Leila l’amour ne demande qu’à surgir. Et il le fera. Entre Aida Asgarzadeh et Kamel Isker, il se passe aussi quelque chose. Il y a une énergie joyeuse dans cette pièce.
La Main de Leila est une histoire d’amour, dans laquelle on rit beaucoup.

Azize Kebouche est tour à tour redoutable lorsqu’il incarne le père de Leila et carrément poilant lorsqu’il saute d’un role à l’autre tandis qu’apparaissent les personnages de Sidi Fares, un petit village de la région d’Alger.

La Main de Leila est un portrait d’une époque, Octobre 1988, et de la jeunesse algérienne à ce moment très particulier.

Samir passe de la rébellion à la recherche du bonheur dans les bras de Leila tandis que l’un de ses amis, lui rêve d’une vie meilleure, en France. La pièce parle avec empathie et une bienveillante drôlerie des aspirations politiques des jeunes algériens à l’aube des émeutes contre le FLN.

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reverie

Dans le bus avec Hubert

rempart d’Avignon - porte Saint Lazare

Il y a quelque chose de profondément attachant chez ce chauffeur de bus.

Lorsqu’on prend les transports en commun on finit par connaitre de vue la plupart des conducteurs. Certains sont plus ou moins sympathiques,  d’autres disparaissent aussitôt de votre mémoire. Mais Hubert est vraiment différent des autres.

Certes, ils ont tous quelques chose de remarquable. Il y en a un qui déteste les usagers et ne vous parle jamais si ce n’est pour marquer son agacement. Un autre ressemble trait pour trait à George Takei, le Monsieur Sulu de Star Trek. Ça lui donne un air sympathique, qui n’a jamais été démenti par ses actes.

Mais, sans discussion possible, c’est Hubert le plus attachant.

La première chose qu’on remarque chez lui, c’est son sourire. Et rien que ça c’est étonnant. Parce qu’Hubert est vraiment gros. Il doit faire pas loin de 150 kilos. Ce n’est pas rien lorsqu’on doit passer sa journée derrière un volant qui n’est pas fait pour cela. Hubert porte son ventre comme d’autres portent un sac de courses, péniblement et parce qu’il le faut. Et dès qu’il en a l’occasion, il glisse un mot gentil aux passagers avec ce sourire qui est tout à lui.

Le danger cependant lorsqu’on a un pareil estomac, c’est qu’il peut finir par vous définir tout entier aux yeux des autres.

Parfois, Hubert se risque à parler aux passagers de sa passion de la cuisine. Lorsqu’il n’est pas à l’avant d’un bus, Hubert est chez lui derrière les fourneaux. Et son regard dérive lorsqu’il explique sa pâte à pizza de la veille ou l’odeur du gigot.

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Le Bilan

Bilan # 4 Apprendre l’Arabe et le Klingon

Chaque semaine, j’essaie de vous faire partager les choses qui m’ont marqué.

Cette semaine, j’écris ça à toute vitesse, alors que j’ai une montagne de boulot.

Ce sera donc un peu plus court.

 

  • J’aimerais bien apprendre l’arabe

L’une des polémiques de la semaine a porté sur la possibilité pour les enfants d’apprendre l’arabe dès le CP.
En réalité, c’est un peu plus subtil que cela comme l’explique Metronews :

A partir de la rentrée 2016, la première langue vivante sera enseignée en CP, alors que la deuxième le sera dès la 5e, soit un an plus tôt qu’actuellement. La nouveauté de cette réforme réside davantage dans le fait que les parents pourront choisir entre l’enseignement de l’anglais, de l’espagnol, du portugais, du croate, du serbe ou de l’arabe en première langue vivante. En outre, les langues enseignées dans le cadre des Enseignements de langues et de cultures des communautés d’origine (Elco) – dont l’arabe faisait partie, au même titre que l’espagnol, le croate, l’allemand ou encore le portugais – rejoindront, comme annoncé, le socle commun et les programmes scolaires au niveau national.

Il faut vous dire que je comprends que ce type de décision fasse réagir.
L’année dernière, j’avais été assez gêné et incapable de former une pensée mure sur le sujet lorsqu’un ami qui a des enfants m’avait appris que des cours d’arabe se tenaient dans l’école de ses gamins. Je n’étais pas contre sur le principe, mais surpris et un peu gêné. On se réfère toujours à l’éducation qu’on a soit même reçue pour juger de ce qu’on enseigne aux enfants. Et lorsque ça évolue on a toujours tendance à regretter que les enfants n’aient pas la même éducation que nous.

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