reverie

3 secondes et puis le gris

Ils sont côte à côte dans l’escalator et déjà on ne voit qu’eux.

Il y a une file bien rangée, immobile et toute à sa place. La ligne correctement tracée que forment tous ces habitués alors qu’ils descendent, résignés. Docilement rangés bien à droite. Parce que c’est ainsi, parce que l’usage le dicte.

Et il y a ces deux jeunes hommes que le fait de n’être pas conforme indiffère.

Je suis en montée et ils sont en descente. Le plus proche de moi porte un chapeau et c’est ce qui attire mon regard. Parce qu’un chapeau me coiffe également. J’aime les chapeaux.

Mais ce chapeau-là n’a rien à voir avec le mien. Son cuir est fatigué. C’est un chapeau qui a connu la rue.

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reverie

Le chemin plus que la carte

Les cartes ne me disent rien au premier abord. Au début, je suis toujours perdu. Il me faut un point d’où partir et mettre un pied devant l’autre.

Une idée après l’autre.

Et si l’on est en ville, il me faut m’écarter des raccourcis.

La voiture va trop vite. Elle prive le regard des marches fendillées, des messages laissés sur les murs en latin et argot. La voiture reste sur les grands axes, balisé ; bien rangés.

Le metro est encore pire. Ses cartes sont si simples qu’elles en sont détachées de toute réalité. Le métro reduit les trajets en même temps que la perception des distances.

Et il divise les villes non pas en quartiers, mais en cercles. Des ronds dont le centre est une station.

C’est pratique, mais découvrir une ville ainsi ca ne me convient pas.

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festivalsons

Place Tahrir de Jihad Darwiche #avignon #off16

12512700_102963686753926_1459846702156015972_nJihad Darwiche est un conteur d’origine libanaise de renommée internationale. Cette année toutefois, il met son phrasé inimitable au service d’un récit  autour de la révolution Egyptienne et plus particulièrement de la place Tahrir.

Vu de France, lorsqu’on imagine les occupants de la Place Tahrir, ce qu’on imagine c’est la foule.

Jihad Darwiche prend l’exact contrepied de cette image et choisit de s’intéresser aux individus et plus particulièrement aux femmes de la Place Tahrir.

Les femmes dont Jihad Darwiche se fait la voix un peu plus d’une heure durant sont jeunes ou moins jeunes, fille ou épouse, infirmière ou mère au foyer.

Lorsqu’il les faits parler, Jihad Darwiche, qui est avant tout un conteur, digresse et prend le temps de nous faire découvrir leur vie et ce faisant dresse un portrait réaliste de l’Égypte contemporaine.

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