Points de jonction

Points de jonction (22)

Il devait être deux heures du matin. Sophie était dans mes bras lorsque c’est arrivé. Ca faisait maintenant pas loin d’un mois qu’elle m’avait annoncé que nous allions avoir un enfant. Pourtant, étrangement, aucun de nous d’eux n’avait encore commencé à aborder le sujet du choix d’un prénom.

Si à cet instant Sophie avait eu connaissance de l’histoire que j’écrivais, cet événement n’aurait eu que peu d’importance, cependant ce n’était pas le cas. Ce qui s’est produit ce soir là est étonnant, prophétique même… Et je ne peux m’empêcher de penser que cela a forcément eu une influence sur la suite.

-Mon cœur, m’a t’elle dit de la voix rauque qu’elle a toujours après l’amour, on va l’appeler comment ?

-Si c’est une fille j’aime bien Chloé. Toi ?

-Je préfère Sarah… mais on s’en fiche. Ce sera un garçon.

-Comment tu peux déjà savoir ça?

-C’est moi qui le porte. Je le sais. J’en suis sûre.

-Ben voyons…Toi, tu as déjà une idée précise du nom que tu veux lui donner à ce petit garçon !

-En fait oui. Tu penses quoi de Nicolas ?

Je n’ai pas réussi à dormir cette nuit là. J’étais absolument stupéfait. L’idée, que ma femme et moi avions tous deux, rêvé d’un petit garçon appelé Nicolas me remplissait d’une émotion à la fois particulière et intense.


Points de jonction

Poitns de jonction (21)

Lorsque Kardoum et Nolwa débouchèrent devant le Pilon Doré, il furent surpris de constater que Yolas ne les avait pas précédés. Le Draco et ses passagers arrivèrent quelques instants après eux. Les nombreuses circonvolutions qu’ils avaient effectuées au travers des rues d’Utopia les avaient grandement retardés. Les compagnons pénétrèrent tous ensemble à l’intérieur de l’auberge.

Comme Kardoum l’avait redouté, le Pilon Doré était plein d’hommes de femmes et d’enfants en armes. Le caractère du patron du Pilon Doré était bien connu au sein de la population d’Utopia, et nombreux étaient ceux qui avaient prévu Sa tentative d’évasion. Les compagnons furent rapidement encerclés. ? Nolwa tenta une nouvelle attaque, mais seule une partie des assaillants furent touchés. Les autres se jetèrent sur le petit groupe qui, en dépit des coups de griffes et de crocs répétés de Yolas se retrouva rapidement noyé sous les assauts adverses.

Tout semblait perdu…

Flou…

Le décor s’estompa….

Nicolas se réveilla à nouveau au cœur de la clairière. Ses quatre compagnons l’accompagnaient. Toutes leurs blessures avaient miraculeusement guéri. Aucune trace de leur affrontement ne subsistait.

Elle surgit alors d’un bord de la clairière. Il sembla à Nicolas que c’était précisément le bord d’où Yolas lui avait cueilli son premier repas au cœur de la grande forêt, mais il n’en était pas très sûr. De toute manière, ça n’avait pas une grande importance. Elle devait avoir près de quarante ans, elle portait une longue robe blanche, et elle était d’une beauté limpide. Elle s’avança vers le petit groupe. Nicolas prit la parole le premier.

-Bonjour madame. Excusez-moi, sauriez vous comment nous sommes arrivés jusqu’ici ?

-Bonjour mon grand. Je suis désolé, mais je ne peux pas répondre à ta question, toi seul le peut.

-Je ne suis pas sûr0 de comprendre.

-Tu es ici parce que tu l’as voulu, voilà tout.

-C’est la seconde fois que je me retrouve à cet endroit sans comprendre comment.

-Peut être que tu ne te poses pas les bonnes questions…

-Quelles questions ?

-Plutôt que de savoir comment tu es arrivé ici, je crois que tu devrais te demander pourquoi tu es ici… Et où se trouve cet ici.

-Je ne comprends pas.

-Tu es ici parce que tu l’as voulu mon grand. Ici c’est chez toi. Nous existons tous parce que tu l’as voulu. Tu as crée ce monde.

-Alors, on est tous dans ma tête ?

-Oui. C’est d’ailleurs la raison des pertes de mémoire dont tu souffres. Tu as toi même choisi d’oublier, parce que tes souvenirs et ce monde ne peuvent coexister.

-Comment vous savez pour ma mémoire ?

-Ca ; je viens de te l’expliquer. Mais réfléchis un peu… tu aurais pu comprendre où tu te trouvais bien plus tôt si tu t’en étais donné la peine. D’ailleurs, si tu avais fait attention ; la ressemblance entre le nom de Yolas et le tien aurait pu te mettre la puce à l’oreille.

Nicolas marcha quelques instants, puis s’assit au cœur de la clairière, et s’endormit.


Billets

Pas facile de parler des prisons

Parce que même une pendule cassée donne l’heure exacte au moins deux fois par jour, il faut avouer que la réforme des prisons annoncée par Rachida Dati est aussi souhaitable qu’urgente.
En effet, l’état de nos prisons est déplorable. Ceux qui auraient encore besoin de s’en convaincre peuvent aller faire un tour sur le site de l’observatoire international des prisons ;une ballade qui devrait les calmer…
A cela s’ajoute une surpopulation qui ne cesse de s’accroitre pour atteindre une situation sans précédent :

« 63.838 personnes étaient détenues au 1er juin dans les prisons françaises, pour 50.746 places disponibles ». (source : Nouvel Obs.)

Cette situation est le résultat d’une politique répressive qui depuis quelques années n’a eu de cesse d’assimiler la sanction pénale à la prison alors que la seconde n’est qu’une infime partie de la réalité que peut revêtir la première. Elle doit aussi beaucoup à un usage particulièrement abusif de la détention provisoire.

Photo : Barbed Wire Prison par Ray

Il n’est pas anodin de rappeler quen mai 2008 17.339 des 63.645 détenus étaient en détention provisoire, c’est à dire en attente d’un jugement et à ce titre présumés innocents.

Il reste à espérer que la réforme annoncée sera survie d’une véritable volonté politique lors de son application. Rien n’est moins sûr cependant car, on le sait, les mesures qui visent à améliorer les conditions de vie des détenus sont généralement impopulaires. On doit à l’honnêteté de reconnaître qu’il est compliqué de faire admettre à des français qui vivent de moins en moins bien. (faites un tour sur ce billet de Lousia, c’est édifiant)

Pour sortir de l’impasse, il faudrait enfin dissiper un malentendu : la prison ne sert pas simplement, et certainement pas indemniser les victimes. La rôle de la prison est avant tout de protéger la société de certains individus dont le comportement est dangereux pour les autres ou tout simplement pas acceptable en société. Or on le sait, le meilleur moyen de protéger la société, c’est d’offrir aux délinquants de bonnes conditions d’insertions et d’éviter d’envoyer en prison des gens qui n’ont rien à y faire.
Traitez-moi de laxiste si ça vous chante, mais pour ma part je crois que je ne comprendrais jamais l’intérêt d’infliger une peine de prison en matière de délinquance involontaire.

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin les dernières statistiques officielles concernant la population carcérale sont consultables par
ici (pdf)
Quant à la situation dans le monde, pour en avoir un aperçu je vous conseille ce petit chez JulG7.